Valentin Alizer - Artiste-poete
Logos de La Région Occitanie et la DRAC Occitanie

Avec le soutien de la Région Occitanie, aide à la production 2024.
Avec le concours de la Préfecture de la région Occitanie, Direction régionale des affaires culturelles via le dispositif de l’Aide Individuelle à la Création, 2022.

AQUAPLANING

Colette Alizer porte un intérêt pour l’épuisement de l’anecdote, c’est-à-dire le souvenir vécu, raconté tant et tant qu’il apparaît fictif à celui qui l’évoque. L’artiste concentre aujourd’hui ses recherches sur les notions de fiction, de non-lieux et d’attente(s) ; iel a effectué une série de résidences de recherches artistiques sauvages sur les aires de service autoroutières au cours des étés 2022 à 2024 desquelles émerge depuis lors un poème-partition : Aquaplaning.

Le récit y oscille, résonne ; les oscillations y sont multiples, sinusoïdales et s’y croisent. Il y a d’abord ce récit principal, en surface, préhensible, d’un je qui est là, qui décide de partir, qui part, qui dévie, qui dérive ; il y a ce récit de l’eau, en pointillé, inaliénable ; il y a ces personnages errants, qui cherchent, qui attendent ; et puis tout en travers : des espaces.

Il s’agit à présent d’activer la partition, découpée comme suit :

  • Le canon : un vidéo-poème animé, structuré comme un road-movie.
    Il y a l’annonce d’un « rasso dans l’blues », et l’idée d’y aller, peut-être.
  • La fan-fiction fan-made : un seul-en-scène explorant une alternative à l’issue du canon.
    C’est le « rasso dans l’blues », et l’idée d’y être, vraiment.
  • Tatsache ist, dass : une performance trilingue festive (musique électronique, vidjing et poésie).
    Au delà du « rasso dans l’blues », il y a l’idée, et ce qui peut en être fait, today.

Aussi : dans Aquaplaning1, ce qu’il se dit, tout au fond et avant tout, c’est le risque de l’autre.

Génèse

Mes propositions forment une chronique irrégulière où des événements de ma vie voisinent avec des lectures, films, des jeux-vidéos, des oeuvres, des histoire que j’ai entendu et des histoires que j’ai vécu.

Depuis l’été deux mille dix-huit, chaque été, je voyage en stop, j’attends puis je vois des gens.

Au début de l’été deux mille vingt, j’ai rencontré H., je suis tombé amoureux. Notre relation s’est dès lors établie comme une romance (une histoire d’amour qui se fantasme et qui se raconte). Cette histoire a pris forme à distance ; un protocole quotidien d’envoie de cartes postales préparait nos retrouvailles à Avignon, puis s’est complétée d’images numériques et de dessins au graphite. Un livre édité à deux exemplaires, dont la monstration reste à la discrétion des deux parties, rend compte de cet amour d’été.

Au printemps deux mille vingt-et-un, alors invité en résidence à museeLab (Sablé-sur-Sarthe), je suis revenu sur cette histoire, cherchant une manière de me raconter moi, sans raconter l’autre. J’en suis venu à m’intéresser aux moments de je entre deux nous : les moments d’attente entre deux réunions.

Mes propositions forment une chronique irrégulière où des événements de ma vie voisinent avec des lectures, films, des jeux-vidéos, des oeuvres, des histoire que j’ai entendu et des histoires que j’ai vécu.

Je m’intéresse particulièrement à l’épuisement de l’anecdote, c’est-à-dire au souvenir vécu, raconté tant est tant qu’il apparaît fictif à celui qui l’a dit.

Cet intérêt pour la fiction m’a mené à étudier L’espèce fabulatrice de Nancy Huston puis le fonctionnement de la mémoire autobiographique. Ces questions de souvenirs, de récits et de traces étant elles-mêmes inévitablement liées à la question du temps passé, et à venir, je me suis tourné vers le travail de Vladimir Jankélévitch pour qui l’attente, donc le temps, est marqué par la certitude initiale de la mort et l’incertitude fondamentale de la date de la mort.

Ce qui m’intéresse, c’est cette liberté propre à la situation d’attente, c’est la possibilité de l’action dans un temps contraint dont la fin est incertaine.

Ces temps d’attente contraints, nous en faisons souvent l’expérience dans ce que Marc Augé qualifie de Non-Lieux, notamment les aéroports, gares, trains et aires de services.

En tant qu’autostoppeur·se, j’attends, marche ou traverse des territoires pensés à l’échelle du véhicule, dans une situation de dépendance à l’autre véhiculé. Je précise que quand Marc Augé parle de la dualité lieux/non-lieux, il ne la définit non pas comme une typologie binaire mais comme les deux pôles d’un instrument de mesure des degrés de sociabilité et de symbolisation d’un espace donné. Il s’agit d’un spectre, il y a nuances et celles-ci m’intriguent. J’aime observer et/ou prendre part à la vie qui s’y organise, tout en y trouvant ma place, souvent sur le côté, dissimulé·e dans les fourrés.

Jusqu’ici, chaque été j’attendais aux ronds-points, péages et aires de services autoroutières que quelqu’un·e m’emporte à l’espace qui suit dans l’espoir d’arriver chez un·e ami·e avant la tombée de la nuit. À présent, je m’empare de ces espaces afin d’en faire le terrain privilégié d’une recherche autour de la question des attentes, qu’ils s’agissent de l’attente que quelque chose se passe (eng: to wait for) ou des attentes implicites ou explicites que l’on peut avoir envers l’autre, et réciproquement (eng: to have expectations).

Phases de recherches

Quand vient l’été deux mille vingt-deux, j’entame une première série de résidences sauvages sur les aires de services autoroutières pour une phase dite de repérages. Je m’y place dans une situation d’attente d’un déplacement vers l’attente qui suit, j’y cherche un temps qui s’allonge. J’y attends que l’on m’emmène à l’espace qui suit, le même, mais pas le même. Les aires deviennent autant mon domicile que mon lieu de travail. Mon temps oscille en carré, s’organise dans l’alternance de deux phases, à savoir : un temps de socialisation intense allant de une à trois-quatre heures avec une personne (souvent) seule en voiture puis un temps de solitude, d’attente et d’errance (à ciel ouvert ou climatisé), j’y note et crée.

De cet été au suivant, je m’écoute et je prends note : émergent des images, des motifs et des personnages.

Soutenu par la DRAC Occitanie (via la réception d’une Aide Individuelle à la Création), j’y retourne à l’été deux mille vingt-trois. C’est la canicule, j’y cherche ce qui manque et j’y cherche aussi ce que j’y cherche ; qu’est-ce qu’attendre quand on n’attend rien, y a-t-il attente quand l’attente est une situation choisie ? Je prends la décision d’altérer l’expérience : d’aller quelque part2, mais que l’aller soit long : pour un trajet d’un jour en autostop, je prends une semaine, je fais des détours, j’allonge mes arrêts sur les aires ou choisis des trajets plus cours ou bien dans la mauvaise direction ; cette fois-ci je vais quelque part, je suis attendu, mais tard, alors j’attends qu’il soit l’heure d’arriver.

Dans les temps rallongés de ces nuits caniculaires à me balancer entre deux pins dans la boursoufflure de mon hamac, je me découvre atteint de potomanie3, j’angoisse un temps, toutefois reste et persévère, mais l’alternance hydratation/miction supplante la route et sa socialisation/solitude : les aires ne sont plus mon endroit, je les quitte. Je fais halte chez des proches et tandis que je prends soin de moi, je prends note et pense aux attentes, à l’attente du moment propice au retour à la route, à l’attente qu’il soit temps de monter dans les Alpes, à l’attente « que ça passe », puis, au delà du temps, je pense aux expectations : aux attentes qui émergent d’un côté et de l’autre des relations d’adelphité, d’amitié, d’amour amoureux et de filiation, aux attendues des relations de travail (rémunéré, bénévole ou subventionné) et aux attendus des groupes, selon les normes des un·e·s ou des autres.

Ce temps de pause est l’occasion de relire, de fouiller, d’extraire, et de re-noter, ailleurs : j’effectue un premier tri, un premier derush.

Première phase d’écriture : structuration du canon

Quand vient l’automne deux mille vingt-trois, le collectif Rose-Virgule m’invite à présenter mon travail ;

je profite de cette occasion pour effectuer un premier montage du texte, je l’intitule Crossfader.

Je m’intéresse alors aux aventures d’une figure oubliée de la culture télévisuelle : le personnage de Bernard.

Apparu dans le sixième épisode de la saison trois de la série Macolm in the Middle, Bernard est d’abord le hamster de la classe de Dewey, dont les élèves prennent tour à tour la charge afin de se responsabiliser. Quand vient le tour de Dewey, Bernard devient son meilleurs ami et confident. Lorsqu’arrive la fin de son tour de garde, le jeune garçon décide de rendre sa liberté au hamster : il l’introduit dans une boule orange semi-transparente qu’il remplie de croquettes puis il dépose la boule sur la chaussée. Dès lors, le hamster fait des caméos discrets dans quatre autres épisodes, en arrière-plan ou dans le reflet d’une vitre jusqu’à prendre la route de l’Alaska.

Dans leur itération francophone, ces épisodes s’intitulent :

  • « s3e06 : Sueurs froides »,
  • « s3e08 : Poker »,
  • « s3e13 : Le fou du volant »,
  • « s3e15 : La grosse surprise ! »,
  • « s3e22 : Héros malgré lui »4.

Je choisis d’en faire la matrice structurante de Crossfader5 ; le poème est dès lors découpé en cinq parties correspondant chacune à une étape d’un récit jouant avec les caractéristiques du road-movie.

Mon écriture cite, évoque, se réfère à, fait des private joke, croise ce qu’il y a de privé et ce qu’il y a de commun, mais de commun à qui ? Mon écriture est située, s’en veut, ironise, s’assume, s’aime, se moque, s’autoréfère et se réfère à et se noie elle-même jusqu’à ce que ne subsiste que la matière textuelle et sonore d’un récit qui se donne mais fuit.

De fait le récit oscille, résonne ; les oscillations sont multiples, sinusoïdales et se croisent. Il y a d’abord ce récit principal, en surface, préhensible, d’un je qui est là, qui décide de partir, qui part, qui dévie, qui dérive ; il y a ce récit de l’eau, en pointillé, inaliénable ; il y a ces personnages errants, qui cherchent, qui attendent ; et puis tout en travers : des espaces.

Phases de réécritures

Aquaplaning6 s’écrit puis se joue dans la foulée, au présent. Le présent qui advient force la mise à jour et la mise à jour invite à l’augmentation.

[compléments d’informations à venir]

Les modalités du récit au delà de la page

Afin de préciser, de contextualiser et/ou d’altérer les fictions qui s’entremêlent tout au long des trois formes d’Aquaplaning, une pluralité de modalités de récit s’alternent ou se superposent : les textes extradiégétiques à entendre et à lire, intradiégétiques à entendre et à lire, l’image animée et/ou le corps en scène.

Le texte extradiégétique à lire

Dans la continuité de mes travaux précédents, le sous-titre est jaune, j’y tiens. De là, le sous-titre vient traduire, donner à lire ce qui ne se dit pas, ne s’entend pas, ne se comprend pas tout en évitant à tout prixt d’expliciter ; il s’agit d’ajouter une couche de sens, de donner des clés ou brouiller les pistes en détournant l’attention : le fait est que le regard ne peut être partout à la fois sur l’image et le texte.

Je souhaite continuer les expérimentations voix-off/sous-titre entamées dans le vidéo-poème quand j’y suis j’y reste (2021) où le sous-titre tantôt commentait la voix-off7, tantôt précisait la voix8, tantôt entrait en dialogue silencieux en alternance avec les descriptions de la voix-off9.

Le texte intradiégétique à entendre

Il y a ces mots que l’on entend à la radio, et puis ceux que crachent les hauts-parleurs des gares ferroviaires et des aéroports, et puis il y a ceux que peuvent proférer tout un panel de personnages. Parmi ceux-ci : ce sanglier qui tourne autour, cherche quelque chose ; ce vieil homme, qui traîne un tuyau d’arrosage derrière lui, quête les terriers et les noie ; ce roi mort et son chauffeur, qui errent sur l’autoroute, cherchent quelque chose ou quelqu’un·e et font le plein d’essence ; le hamster de Dewey, qui roule en direction de l’Alaska ; ce robot géant à tête de fourmi, qui prend de la place et se fait discret ; ce joueur de mini-golf, compétent, précis dans ses gestes, mais qui n’en voit ni le bout ni le trou, mais sait qu’il existe.

Ces personnages sont là, traversent des espaces, le plus souvent silencieusement, parfois marmonnent, parfois commentent, parfois parlent, soit s’adressent à l’autre au sein du récit, soit au delà du quatrième mur, directement au spectateur. Parfois, l’un de ces personnages chante (et d’autres l’accompagnent à la guitare, à la basse, synthétiseur ou à la batterie) : dans ce cas la chanson vient interrompre le flux de la narration et dès lors, même si plus rien ne compte et que la narration semble s’être égarée dans une contemplation pure, hors de son propre espace-temps, quelque chose se passe et un presque rien se précise.

Le texte intradiégétique à lire

Par moment, un texte inscrit dans l’espace traversé vient décaler le récit, cela peut être un mot sur un t-shirt, l’anamorphose de quelques mots peints en blanc sur l’asphalte, le logo d’une station essence, ou l’un de ces panneaux d’affichages oranges et noirs qui sur les autoroutes donne des recommandations : « Sur la route, tous responsables. ».

L’image animée

Aquaplaning raconte, se raconte et ne raconte pas ; c’est un road-movie sans véritable destination, dans le canon, le texte évoque à peine la potentialité d’un « rasso dans l’blues ». Ce « rasso » est un prétexte à partir, fragile, et son obsolescence est programmée ; ce qui m’intéresse alors c’est ce qu’il se passe quant il se périme. Au delà du voyage insensé, ce que j’interroge alors, c’est ce qu’il advient de l’individu quand apparaît la vacuité du geste engagé.

À l’image donc, un panel de personnage en action, en non-action, traverse des espaces.

Le rythme est lent, westernien ; s’alternent des plans larges, quasi scéniques via une frontalité toute théâtrale, et des plans serrés, des inserts, des amorces, de très gros plans.

L’image est fixe, l’animation mince, de l’ordre du détail : une goute d’eau glisse le long d’une vitre, une mouche vole et se pose, un néon grésille, des personnages contemplent, se déplacent, dorment.

L’image emprunte à la photographie de David Claerbout, s’inspire des errances des personnages d’Hideaki Anno et de la lente épopée du Sire Gauvain de David Lowery.

Techniquement, l’image évoque l’animation traditionnelle, les fonds sont en aquarelles et les éléments animés réalisé numériquement : il s’agit d’une ligne claire, remplie d’un applat coloré, surélevé d’une valeur d’ombre et de temps en temps d’une lueur.

Il s’agit d’une technique que j’ai pu expérimenté dans ma vidéo (au sujet de) l’histoire de ce roi mort de n’avoir pas pu te rencontrer (2022).

Le corps en scène

Au delà du canon, la fan-fiction fan-made raconte, ce n’est plus un road-movie : il ne s’agit plus d’être en route pour le « rasso dans l’blues », mais d’y être peut-être ou d’y être vraiment. Le « rasso » n’est plus un prétexte à partir mais une tentative d’être au présent présent·e. Qu’advient-il si l’on arrive ? Suis-je au bon endroit, au bon moment, correctement ?

En scène, j’essaie d’être là, avec moi et avec l’autre. il n’y a qu’un personnage : le·la narrateur·rice, qui s’incarne : pour iel ou pour les autres. C’est un corps au présent de la représentation, qui s’adresse à l’autre à sens unique ; il s’agit d’un corps qui n’échange pas, mais qui se change pour plaire ou dérouter : pour exister sous le regard supposé jugeant de l’autre.

Qu’ils soient intra ou extradiégétiques, le corps porte et projette les textes dits : tantôt les illustre, tantôt les corromp : le geste est précis, avec intention, sous le regard de l’autre, et cherche la validation d’une altérité plurielle, mais cherche à ne pas s’y perdre.

Le·la comédien·ne joue le·la narrateur·rice qui se performe iel-même : son corps évolue dans un espace minimaliste, s’y habille, s’y déshabille ou s’y masque ; écoute, regarde, sur-pense ; se joue.

Dans l’ensemble, l’espace : c’est la lumière (les projos, la vidéo-projo blanc sur noir) et trois bricoles (une chaise noire, un porte-manteau noir, un tapis de yoga gris, le bord de scène).

Quoi qu’il en soit, la scénographie montre et ne cache rien : la scéno dénude, c’est la zone de l’inconfort, la fuite est impossible et la route est derrière soi.

À l’image, rarement : des temps de latence et quelques mots, que je ne dis pas.


Influences vidéographiques majeures

Dans The pure necessity (2016) , David Claerbout réinterprète Le Livre de la jungle (1967). Il choisit de supprimer l’anthropomorphisme des animaux et construit une nouvelle animation sans narration (sans fiction) où les animaux se déplacent dans la jungle comme si l’histoire se déroulait spontanément dans leur environnement naturel.

Parce que quand il n’y pas de fiction, il n’y a ni passé ni futur, et sans l’idée d’un temps futur, il n’y a rien à attendre.

Par ailleurs, dans son oeuvre Oil workers (from the Shell company of Nigeria) returning home from work, caught in torrential rain (2013), l’artiste nous présente l’attente comme l’une des manifestations du temps les plus improductive : c’est un temps qui d’un point de vue pécunier est perdu.

Dans l’épisode 4 de Neon Genesis Evangelion (1995), Shinji fugue et erre dans Tokyo-3, l’image se déforme sous la chaleur caniculaire, on entend le bruit des cigales. Shinji monte à bord d’un train et y reste toute la journée, il écoute en boucle les deux mêmes musiques sur son walkman, le spectateur n’entend que le bruit du train qui roule et vibre.

Il y a là l’attente-errante chaude et morose.

Dans The Green Knight (2020) de David Lowery. Sire Gauvain effectue un long périple jusqu’à la chapelle verte où l’attend l’inéluctabilité de sa mort, en chemin, il est confronté à différentes épreuves. L’une d’entre-elles illustre le conflit entre l’honneur et les devoirs du chevalier.

Il y a là les attentes et l’impossibilité de toutes les satisfaire.

  1. Anciennement intitulé : Crossfader. ↩︎
  2. Je suis alors attendu pour faire de la scénographie dans les Hautes-Alpes sur le tournage du long métrage Manger l’Oiseau (2024), réalisé par Mila Roulx via l’Ogratoire. ↩︎
  3. Potomanie : affection psychiatrique rare qui se manifeste par l’envie incontrôlable de boire de l’eau en quantité importante. ↩︎
  4. Pour en savoir plus : Bernard, itinéraire d’un hamster pas comme les autres. ↩︎
  5. Intitulé probatoire, qui inscrivait alors le travail dans la continuité directe de fade-out, texte écrit en novembre 2022, relatant notamment : la mort de Cagoule, la séparation de mes amies A. et M., l’animation d’un roi que je tue et qui ainsi : existe. ↩︎
  6. L’intitulé changera en 2024, dans les Cévennes, en route pour Croix-Verte. ↩︎
  7. voix-off : « je l ’ai perdu / de toute façon, de toute manière, il aurait mal vieilli, pas vieilli / jamais vieilli » ;
    sous-titres : « ce que je perds je ne le vois pas / et ce que je ne vois pas ne vieillit pas / comme ça rien ne change ». ↩︎
  8. voix-off : « ne soyons pas déçus, n’ y mettons pas les doigts » :
    sous-titre : « la direction vous prie de bien vouloir garder les doigts en dehors du bossu ». ↩︎
  9. voix-off : « l’eau me demande » ;
    sous-titre : « à quoi tu penses ? » ;
    v-o : « je lui réponds » ;
    s-s : « à nous » ;
    v-o : « l’eau me coule dessus tout le long du dos puis me dit » ;
    s-s : « je ne sais plus si je suis encore chaude de toi ». ↩︎